Risque d’AVC confirmé dans les semaines qui suivent un zona
Londres, Grande-Bretagne – Une nouvelle étude britannique vient confirmer l’existence d’un sur-risque d’AVC dans les semaines qui suivent un zona. Selon les résultats publiés dans Clinical Infectious Diseases, le risque serait maximal durant les quatre premières semaines mais ne s’éteindrait complètement qu’après 26 semaines [1]. Enfin, le traitement antiviral semble limiter l’augmentation du risque.
L’analyse a été menée chez 6584 sujets (57% de femmes), identifiés dans la base de données UK Clinical Practice Research, comme ayant été victimes, entre 1987 et 2012, à la fois d’une première poussée de zona et d’un premier AVC (âge moyen lors de l’AVC : 77 ans). Les corrélations temporelles ont été recherchées entre ces deux évènements.
Après ajustement pour l’âge, un risque augmenté d’un facteur 1,63 a été observé durant le premier mois (IC95% [1,32-2,02]). Durant le second et le troisième mois, le sur-risque passe ensuite à 1,42 [1,21-1,68]. Enfin, il persiste jusqu’à 6 mois, puisque le risque relatif d’AVC se monte à 1,23 [1,07-1,42] de la 13ème à la 26ème semaine. Passé ce délai, plus aucun sur-risque n’est observable.
| Les études précédentes
Plusieurs résultats ont déjà été publiés sur l’association entre virus de la varicelle/zona, et les évènements vasculaires.
En janvier dernier, c’était une étude cas-contrôle britannique, qui confirmait que le virus varicelle-zona est un facteur de risque indépendant d’accident ischémique transitoire (AIT), mais aussi d’infarctus du myocarde (IDM) chez tous les adultes, et ceci jusqu’à 24 ans après l’épisode aigu [2].
L’étude confirmait également que le développement d’un zona avant l’âge de 40 ans est associé à un risque accru d’AVC.
Auparavant, une équipe taiwanaise avait rapporté une augmentation de 30% des AVC jusqu’à un an après une crise de zona et un quadruplement des AVC après un zona ophtalmique [3,4].
Enfin, de rares cas d’AVC ont également été observés suite à des épisodes de varicelle chez des enfants [5-7].
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Risque maximal après zona ophtalmique
Cette nouvelle étude apporte par ailleurs les précisions suivantes sur la nature du risque :
- le risque semble concerner les AVC ischémiques autant que les AVC hémorragiques. Cette notion est toutefois fragile, puisque 60% des AVC étaient de type non spécifié (33% d’AVC ischémique, 6% d’AVC hémorragiques).
- le risque est plus important en cas de zona ophtalmique. En fait, la localisation était inconnue pour 93% des sujets analysés. Mais pour les 6% de cas de zona ophtalmique, le risque est maximal entre la 5ème et la 12ème semaine, se monte à 3,38 [2,18-5,24].
- le risque est également majoré chez les sujets qui n’ont pas reçu de traitement antiviral (45%). Durant le premier mois, le risque relatif d’AVC chez ces sujets est en effet de 2,14 [1,62-2,84], avec une décroissance jusqu’à la 26ème semaine.
- le traitement réduit la fenêtre d’exposition, puisque chez les sujets traités, le risque n’apparait significatif qu’entre la 5ème et la 12 ème semaine (RR : 1,28 ; [1,02-1,62]).
- les risques associés au zona ophtalmique et à l’absence de traitement se cumulent. Dans cette situation défavorable, le sur-risque monte à 5,47 [2,80-10,71] entre la 5ème et la 12ème semaine.
Réduire le risque d’AVC par le traitement du zona et la vaccination ?
« L’augmentation aiguë du risque d’AVC observée après un zona, et son atténuation progressive dans le temps, est hautement suggestive d’une relation causale », soulignent les auteurs.
En ce qui concerne le mécanisme de l’association, ils envisagent des phénomènes multifactoriels, l’inflammation liée à l’infection systémique en premier lieu, mais aussi une possible vasculopathie spécifique induite par le virus varicelle/zona.
S’agissant de la limitation du sur-risque par le traitement, les auteurs notent que l’effet pourrait être en fait plus important que ce qui a été observé dans l’étude, puisque ce sont a priori les cas de zona les plus sévères qui sont traités. « Le traitement antiviral pourrait donc avoir une importance critique », estiment-ils, en concluant que « le relativement faible taux de prescription d’un traitement antiviral doit être amélioré ».
Ils considèrent enfin que « les résultats de l’étude ont des conséquences importantes pour les programmes de vaccination, qui, outre la réduction de l’incidence du zona, pourraient réduire l’incidence des AVC après zona ».
| L’étude a été financée par la Stroke Association, le NIH et le Wellcome Trust.
Les auteurs ont déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêt en rapport avec le sujet.
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REFERENCES :
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