lundi 24 octobre 2011

La maladie de Konzo frappe la Rdc : « L’éradication est possible par la maîtrise de l’étiologie »


La conférence du samedi 22 octobre organisée par le Ministre le l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) dans la salle polyvalente de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été consacrée à la paralysie spasmodique bilatérale et non évolutive des membres inférieurs communément appelée maladies du « Konzo ».
Le Konzo est liée au manioc amer mal préparé. L’OMS a été honorée par la présence de son Représentant à Kinshasa. Cette maladie orpheline frappe les personnes vulnérables, c’est-à-dire, femmes et enfants et elle a une particularité dans la mesure où elle entraîne une paralysie irréversible.
Il sied de souligner que le manioc constitue l’aliment de base d’une grande population. Pour ce faire, le ministre de l’ESU a sollicité l’appui de l’OMS et de la FAO aux équipes de recherche et de terrain dans le domaine de la santé et de l’agriculture. C’est en travaillant en synergie, poursuit-il, que l’on peut apporter des réponses précises à la population afin de prévenir les risques.
Des recherches depuis 15 ans…
Pour le professeur Tshala Kalumbayi, neurologue à l’Université de Kinshasa, il lui a fallu 15 ans pour comprendre quels sont les facteurs qui interviennent dans l’éclosion de cette maladie en Rdc. Le Konzo est un défi pour tout congolais et africain, elle affecte le système nerveux et la moelle épinière chez les enfants et les jeunes femmes en âge de procréation. Disons que cette maladie date depuis le 19ème siècle. Elle a été détectée pat les colons belges. Elle a commencé à prendre de l’ampleur quand on a trouvé des cas en Angola, au Mozambique, en Tanzanie, en Centre Afrique, en Ouganda et au Brésil. Environ 500 millions d’habitants à travers le monde ont le manioc comme aliment de base. Des données préliminaires ont donné que les enfants avec Konzo ont des troubles de mémoire.
Epidémiologie
En 1928, des premières poussées signalées dans le Kwango à Kahemba au sud de la province du Bandundu où 140 cas ont été détectés. En 1936, 1000 cas oint été enregistrés. En 1952, la maladie s’est étendue à Kwilu et en 1982 ,125 cas de neuropathies périphériques ont été détectés à Kenge. C’est en 1990 qu’a eu lieu la découverte de l’étiologie de Konzo nutritionnelle. Cette maladie cause la paralysie des membres inférieurs répondant au diagnostic fixés par l’OMS : une spasticité et symétrique des membres inférieurs pendant la marche et la course.
En termes de santé publique, la consommation de manioc amer mal traité est due à la crise agro-alimentaire, un facteur favorisant. Les conséquences physiques sont l’invalidité des membres inférieurs et au stade III, de la vue et de la mémoire. Cette maladie n’a pas de traitement curatif.
La prévention est possible
Par une bonne alimentation relativement équilibrée, à travers le bon traitement de manioc. L’eau potable est le facteur de développement et d’allégement du travail de la femme en milieu rural. Il y a aussi la promotion de petit élevage, la recherche pluridisciplinaire et pluri-institutionnelle. Le Représentant de l’OMS en Rdc a qualifié cette maladie d’être celle d’une autre époque. L’OMS se félicite de cette initiative et confirme son soutien à l’organisation d’étude sur terrain pour accompagner le gouvernement. Il y a une urgence par rapport aux solutions à apporter dans un délai.
Quant au Représentant de la FAO, les ministères de développement rural et de l’agriculture doivent mettre sur pied un projet qui constituera à communiquer et à informer à la population sur les causes de cette maladie. Il faudra appuyer la production dans le domaine de l’élevage et prendre des mesures radicales pour lutter et chasser cette maladie. Concluant cette conférence, le ministre de l’ESU Mashako Mamba a souligné l’engagement du gouvernement à mettre sur pied une équipe de recherche pour aborder cette problématique de manière sereine. Travailler avec des partenaires pour aborder l’aspect pluridisciplinaire et pluri-institutionnel dans une collaboration coordonnée entre médecins, infirmiers, laborantins, anthropologues, sociologues, psychologues, agronomes et biochimistes pour des recherches fondamentales et appliquées.
La toxicité de l’acide cyanhydrique dans l’organisme entraine la paralysie des membres inférieurs, la consommation journalière de la variété de manioc amer est proscrite. Cette conférence a connu la participation des professeurs et chefs des travaux de la Faculté de médecine, des Sciences et de Pharmacie, des administratifs du ministère de la Santé, du Développement Rural, de l’Agriculture et de l’ESU.
Rébecca T. Muzama


http://www.groupelavenir.cd/spip.php?article42758

mercredi 19 octobre 2011

Et après?

Le décès tragique de Dr Mossio a marqué toute une génération des médecins formés ces dernières années à l'Université de Kinshasa. Ce décès survenu alors qu'elle se rendait à son travail a été vécu comme un réel traumatisme. La page Facebook "Médecins congolais" regorge d'autant de réactions qui sont autant de témoignages de la souffrance qui a été celle des médecins anciens collègues de l'illustre disparue.



Notre consoeur a été portée en terre hier (18/10/2011). Les larmes continuent à couler. Pourtant, cette situation critique ne peut pas rester sans suite. N'est-ce pas l'occasion de réfléchir en profondeur sur les conditions dans lesquelles vivent et travaille les médecins en RD Congo.
Sur ces pages Facebook, de nombreuses idées ont été émises. Des débats parfois animés ont eu lieu. Des points de vue extrêmement intéressants ont été exprimés. Il ne faudrait pas qu'ils restent lettre morte. Il s'agit sans aucun doute d'un moment crucial dans l'Histoire de la Médecine en RD Congo. 
Il est impérieux que Dr Mossio ne soit pas morte pour rien. 
J'ai pour ce faire deux propositions:
  1. Baptiser du nom de Dr Mossio un local aux Cliniques Universitaires de Kinshasa. Il pourrait s'agir d'une salle d'opération ou d'une salle de réunion par exemple. Ainsi dans 10, 15,20 ou 100 ans, le nom de Dr Mossio ne tombera pas dans l'oubli dans une certaine mesure.
  2. Ecrire ensemble un livre sur la pratique de la médecine en hommage au Docteur Mossio. Ce livre comportera deux parties. La première partie sera réservée aux hommages. La deuxième partie comprendra les réflexions et des propositions concrètes pour améliorer nos conditions de travail. On peut par exemple y discuter de la nécessite de mettre en place une assurance-santé pour les médecins et pour leurs familles.
Les collègues qui sont à Kinshasa peuvent se battre pour la  première proposition. Autant le titre de Chirurgien à titre posthume ne lui a pas été accordée, autant il est possible de baptiser une salle de réunion ou d'opération du nom de Dr Mossio.
Pour la deuxième proposition, je suis prêt à faire le travail d'édition et de diffusion de l'ouvrage.
Toutes les réflexions sont les bienvenues.
Vous pouvez pour ce faire me contacter par mail: 
jbmagloirem@yahoo.fr

Dr Magloire Mpembi Nkosi
Neuropsychiatre
Centre Neuro Psycho Pathologique de Kinshasa
Université catholique de Louvain