samedi 31 mai 2014

Risque d’AVC confirmé dans les semaines qui suivent un zona

Risque d’AVC confirmé dans les semaines qui suivent un zona


Londres, Grande-Bretagne – Une nouvelle étude britannique vient confirmer l’existence d’un sur-risque d’AVC dans les semaines qui suivent un zona. Selon les résultats publiés dans Clinical Infectious Diseases, le risque serait maximal durant les quatre premières semaines mais ne s’éteindrait complètement qu’après 26 semaines [1]. Enfin, le traitement antiviral semble limiter l’augmentation du risque.
L’analyse a été menée chez 6584 sujets (57% de femmes), identifiés dans la base de données UK Clinical Practice Research, comme ayant été victimes, entre 1987 et 2012, à la fois d’une première poussée de zona et d’un premier AVC (âge moyen lors de l’AVC : 77 ans). Les corrélations temporelles ont été recherchées entre ces deux évènements.
Après ajustement pour l’âge, un risque augmenté d’un facteur 1,63 a été observé durant le premier mois (IC95% [1,32-2,02]). Durant le second et le troisième mois, le sur-risque passe ensuite à 1,42 [1,21-1,68]. Enfin, il persiste jusqu’à 6 mois, puisque le risque relatif d’AVC se monte à 1,23 [1,07-1,42] de la 13ème à la 26ème semaine. Passé ce délai, plus aucun sur-risque n’est observable.
Les études précédentes
Plusieurs résultats ont déjà été publiés sur l’association entre virus de la varicelle/zona, et les évènements vasculaires.
En janvier dernier, c’était une étude cas-contrôle britannique, qui confirmait que le virus varicelle-zona est un facteur de risque indépendant d’accident ischémique transitoire (AIT), mais aussi d’infarctus du myocarde (IDM) chez tous les adultes, et ceci jusqu’à 24 ans après l’épisode aigu [2].
L’étude confirmait également que le développement d’un zona avant l’âge de 40 ans est associé à un risque accru d’AVC.
Auparavant, une équipe taiwanaise avait rapporté une augmentation de 30% des AVC jusqu’à un an après une crise de zona et un quadruplement des AVC après un zona ophtalmique [3,4].
Enfin, de rares cas d’AVC ont également été observés suite à des épisodes de varicelle chez des enfants [5-7].

Risque maximal après zona ophtalmique
Cette nouvelle étude apporte par ailleurs les précisions suivantes sur la nature du risque :
- le risque semble concerner les AVC ischémiques autant que les AVC hémorragiques. Cette notion est toutefois fragile, puisque 60% des AVC étaient de type non spécifié (33% d’AVC ischémique, 6% d’AVC hémorragiques).
- le risque est plus important en cas de zona ophtalmique. En fait, la localisation était inconnue pour 93% des sujets analysés. Mais pour les 6% de cas de zona ophtalmique, le risque est maximal entre la 5ème et la 12ème semaine, se monte à 3,38 [2,18-5,24].
- le risque est également majoré chez les sujets qui n’ont pas reçu de traitement antiviral (45%). Durant le premier mois, le risque relatif d’AVC chez ces sujets est en effet de 2,14 [1,62-2,84], avec une décroissance jusqu’à la 26ème semaine.
- le traitement réduit la fenêtre d’exposition, puisque chez les sujets traités, le risque n’apparait significatif qu’entre la 5ème et la 12 ème semaine (RR : 1,28 ; [1,02-1,62]).
- les risques associés au zona ophtalmique et à l’absence de traitement se cumulent. Dans cette situation défavorable, le sur-risque monte à 5,47 [2,80-10,71] entre la 5ème et la 12ème semaine.

Réduire le risque d’AVC par le traitement du zona et la vaccination ?
« L’augmentation aiguë du risque d’AVC observée après un zona, et son atténuation progressive dans le temps, est hautement suggestive d’une relation causale », soulignent les auteurs.
En ce qui concerne le mécanisme de l’association, ils envisagent des phénomènes multifactoriels, l’inflammation liée à l’infection systémique en premier lieu, mais aussi une possible vasculopathie spécifique induite par le virus varicelle/zona.
S’agissant de la limitation du sur-risque par le traitement, les auteurs notent que l’effet pourrait être en fait plus important que ce qui a été observé dans l’étude, puisque ce sont a priori les cas de zona les plus sévères qui sont traités. « Le traitement antiviral pourrait donc avoir une importance critique », estiment-ils, en concluant que « le relativement faible taux de prescription d’un traitement antiviral doit être amélioré ».
Ils considèrent enfin que « les résultats de l’étude ont des conséquences importantes pour les programmes de vaccination, qui, outre la réduction de l’incidence du zona, pourraient réduire l’incidence des AVC après zona ».
L’étude a été financée par la Stroke Association, le NIH et le Wellcome Trust.
Les auteurs ont déclaré n’avoir aucun conflit d’intérêt en rapport avec le sujet.
REFERENCES :
  1. Langan SM, Minassian C, Smeeth L et coll.Risk of Stroke Following Herpes Zoster: A Self-Controlled Case-Series StudyClin Infect Dis. (2014) 58 (11): 1497-1503.
  2. Breuer J, Pacou M, Gauthier A et coll. Herpes zoster as a risk factor for stroke and TIA. A retrospective cohort study in the UK Neurology 2014;82 (3) : 206-212.
  3. Kang JH, Ho JD, Chen YH, Lin HC. Increased risk of stroke after a herpes zoster attack: a population-based follow-up study. Str oke 2009;40:3443–3448.
  4. Lin HC, Chien CW, Ho JD. Herpes zoster ophthalmicus and the risk of stroke: a population-based follow-up study. Neurology 2010;74:792–797.
  5. Miravet E, Danchaivijitr N, Basu H, Saunders DE, Ganesan V. Clinical and radiological features of childhood cerebral infarction following varicella zoster virus infection. Dev Med Child Neurol2007;49:417–422.
  6. Sebire G, Meyer L, Chabrier S. Varicella as a risk factor for cerebral infarction in childhood: a case-control study. Ann Neurol 1999;45:679–680.
  7. Askalan R, Laughlin S, Mayank S, et al. Chickenpox and stroke in childhood: a study of frequency and causation. Stroke 2001;32:1257–1262

lundi 26 mai 2014

Soutenance de thèse

Soutenance de thèse

Lieu: Auditoire Maisin, UCL-Woluwe (Bruxelle) sur Avenue Emmanuel Mounier numéro 51, 1200 Bruxelles
Jour: Lundi 2 juin 2014 
Programme
  • 16h30-18h30: Soutenance, délibération et proclamation
  • 18h30.....: Drink 
Cordiale Bienvenue


samedi 1 février 2014

CHU de Strasbourg: 3 patients portent plainte avec l'appui d'un médecin

CHU de Strasbourg: 3 patients portent plainte avec l'appui d'un médecin

 

3 patients aujourd'hui handicapés ont déposé plainte contre le CHU de Strasbourg pour une prise en charge tardive de leur AVC. La faute, selon eux, aux équipements occupés par des clientèles privées de certains radiologues. 

Ce jeudi, le site Internet Mediapart fait état d'un nouveau scandale sanitaire. Et cette fois-ci, c'est au CHRU de Strasbourg que se déroule l'affaire, chez le plus gros employeur de la région Alsace. Un médecin de cet hôpital dénonce en effet aujourd'hui les accidents répétés dans le traitement de patients victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), à cause d'une prise en charge trop tardive. Ces accidents seraient liés à la difficulté pour les urgentistes d'obtenir un examen IRM.  Mais l'affaire prend une tout autre ampleur car, selon le médecin, les équipements seraient occupés par des malades non-hospitalisés ou par les clientèles privées de certains radiologues.

3 plaintes ont déjà été déposé
Les journalistes relatent un évènement qui s'est déroulé le 20 mars 2013. Ce jour-là, Emilio Gentile, 60 ans, est atteint par des troubles de la parole et une paralysie du côté gauche. Son AVC est diagnostiqué grâce à une IRM, avec trois semaines de retard, après deux visites inutiles aux urgences du CHU de Strasbourg. C'est en fait son médecin généraliste, lors d'une consultation, qui reconnaît enfin les symptômes. L'homme en question est aujourd’hui handicapé à 80 %.
Par ailleurs, plus tôt, en 2008, puis en 2010, deux évènements similaires ont eu lieu dans ce même hôpital. Résultat, Mediapart fait état de trois plaintes qui auraient déjà été déposées.
Ces patients sont soutenus dans cette bataille par le Pr Christian Marescaux, responsable de l’unité neurovasculaire de l’hôpital de Hautepierre (un des deux sites du CHU), qui prend  en charge les AVC. Sur le site d'infos, ce médecin prend publiquement la parole contre une partie de ses collègues. Il considère que « ces retards répétés d’accès aux IRM sont des pertes de chances inacceptables, car ils sont la conséquence de dysfonctionnements auxquels l’hôpital ne parvient pas à mettre un terme. »

Des équipements occupés par la clientèle privée de certains radiologuesPourtant, les symptômes de l'AVC sont connus des médecins. Ils auraient ainsi dû être repérés très vite par le CHU de Strasbourg. Surtout que l’AVC est une urgence immédiate. En effet, plus le traitement ou l’intervention sont tardifs, plus les dommages (handicaps physiques et mentaux, décès) sont importants. Le seul examen susceptible de confirmer ou d’infirmer le diagnostic est un IRM dans les plus brefs délais, disent les recommandations.
Mais dans le 2ème accident par exemple, celui d'Alexandra Belhadj 20 ans (aujourd'hui handicapée à 79 %), Mediapart s'est procuré les plannings de cet hôpital en ce jour de 2010
Le site révèle, entre autres, que « de 8 heures à 11 heures, les deux IRM de l’hôpital de Hautepierre étaient occupées par les consultations privées des chefs de service de radiologie. Puis à partir de 11 heures et jusqu’en fin de journée ont défilé les patients ambulatoires, c’est-à-dire non hospitalisés : des IRM cérébrales, mais aussi beaucoup d’IRM du poignet, de la cheville, du genou...»
Au final, Mediapart note que seuls trois patients hospitalisés ont bénéficié cet après-midi-là d’un examen sur ces machines. Ces dernières ont même été arrêtées entre 18 heures et 20 heures. Pour sa part, ce n’est qu’en début de soirée qu’Alexandra a pu bénéficier enfin d’une IRM, qui plus est "mal lue".   La patiente a dû en effet attendre jusqu’à 15 heures le lendemain pour que le cliché soit correctement lu et le diagnostic posé.

Le CHU dit s'être amélioré depuis ces accidents
Du côté du CHU de Strasbourg, le directeur général par intérim de cet hôpital, Jean-François Lanot, estime que,« s’il y a eu un problème avec cette patiente, tel qu’un défaut d’organisation des services, alors elle est en droit de nous demander des comptes. Mais depuis l’acquisition d’une cinquième IRM en 2011, il y a eu une formidable amélioration. Nous pouvons aujourd’hui satisfaire tous les besoins », conclut-il.