Des échos en provenance du Bas-Congo rapportent qu’une situation explosive prévaut dans le secteur de l’enseignement médical dans cette partie de l’Ouest du pays, à la suite de la décision du ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire Mashako Mamba, décision portant suppression sur toute l’étendue de la RDC des établissements d’enseignement médical jugés non viables.
Les dits établissements au Bas-Congo sont touchés pratiquement dans leur ensemble. C’est la débandade presque partout. Les jeunes qui suivent généralement la formation d’auxiliaires des services médicaux dans les hôpitaux voient tout d’un coup partir en fumée leur rêve qui d’infirmier ou infirmière, qui d’assistant médical ou autre. Le désarroi est total. Personne ne sait à quel saint se vouer. Et pour cause.
Les responsables et encadreurs auxquels les étudiants recourent pour savoir quelle disposition prendre devant la situation avouent avoir été surpris eux-mêmes et demeurent désemparés et perplexes. Beaucoup de ces établissements tenus par des braves religieuses constituent les seuls viviers qui fournissent les infirmières qui assistent les malades dans la majorité des centres hospitaliers les plus proches de la population de l’arrière-pays.
En les déstabilisant ainsi, c’est le dérèglement qui est provoqué de tout le système médical déjà aux prises avec de nombreux problèmes jamais résolus. Imaginez comme il est déploré effectivement le cas de la fermeture d’une école médicale qui forme les infirmiers et infirmières depuis le temps colonial dans le fin fond du Mayombe au Bas-Fleuve, celle du centre paroissial de Kangu au Mayombe ou celle d’une autre paroisse encore plus reculée de Mbata-Mbenge.
Selon la mesure édictée par le ministre Mashako, désormais le grand nombre d’étudiants désireux suivre la formation en techniques médicales devront se rendre à plus de 500 Km pour trouver un établissement viable retenu. Les étudiants habitant le Bas-Fleuve, par exemple, doivent aller jusqu’à Matadi, traverser le fleuve Congo et atteindre Kimpese dans le district des Cataractes ou Kisantu dans celui de la Lukaya, pour se faire inscrire dans les écoles médicales de ces centres urbains. C’est tellement déroutant que la population s’est mise à critiquer ouvertement ce qu’elle considère comme un sabotage en règle de ses intérêts.
Qui dit intérêts des populations touche assurément la corde sensible du quinquennat du social cheval de bataille de la haute hiérarchie du pays. Les commentaires en sens divers vont donc bon train pour parler même d’acte de provocation pour soulever la révolte de la jeunesse mécontentée à ce point au Bas-Congo. Quand on se rappelle qu’un malaise pareil venait déjà d’être signalé à l’Université Pédagogique Nationale (UPN de Kinshasa où les étudiants mécontents de la fermeture de la filière médicale de leur établissement ont manifesté avec des casses dans la rue. La police était intervenue pour remettre l’ordre public.
Des avis critiques sont e plus en plus émis autour surtout de l’opportunité à l’heure actuelle des décisions du ministre Mashako. Il a déjà provoqué des bousculades dans l’ensemble des établissements universitaires et instituts d’enseignement supérieur dans le pays par les intempestives réformes qu’il a lancées dans le secteur en vue de l’assainir. Les grincements des dents orchestrées un peu partout ne suffisent-ils pas pour l’heure pour qu’il faille en provoquer d’autres ?
Il est sans doute vrai que tout le secteur éducatif mérite un coup de balai. Mais comment, en tant que responsable politique, faut-il procéder ? S’en tenir seulement aux considérations techniques de la réforme sans prendre en compte les aspects de l’impact social, est-ce là la sage procédure ?
A ce que l’on sache, dans le domaine médical qui est d’ailleurs la spécialité du ministre Mashako, les thérapies ne s’administrent pas sans dosage au risque de tuer le malade que l’on cherche à soigner. Pourquoi n’use-t-on pas de cette méthode dans les réformes qu’on cherche à appliquer. Le chantier éducation comme celui de la santé sont-ils à traiter comme celui des infrastructures routières requérant des gros engins des travaux publics. N’est-ce pas avec les moindres matériels bistouris et écritoires que l’on traite le corps et l’esprit humain.
Peut-être que la politique qui a souvent besoin de spectacle obnubile à ce point le titulaire de l’enseignement supérieur et universitaire qui ne croit pouvoir être remarqué que par des actions de bousculade des systèmes à la manière des conquérants avides de gloire des temps révolus !
Une caricature de presse montrait il y a des années un leader politique se pavanant de succès public et faisait dire au concerné ce qui suit : « J’aime bousculer pour être remarqué ! ». S’il faut croire à la parole de Jésus dans l’Evangile « Qui se sert de l’épée périra par l’épée », il y a à craindre que cela se rapporte aussi, comme dans la farce de l’arroseur arrosé, sur le bousculeur bousculé ! Tant il importe de conduire les hommes non pas comme des machines, mais comme des œufs dont il faut à tout prix la casse. Ce n’est pas le président Joseph Kabila, homme de paix, qui ignore le précepte.
http://www.digitalcongo.net/article/70176
C'est une décision aurait dû tenir compte de certains paramètres, non seulement technique. Je suis d'accord avec le Ministre pour plusieurs institutions qui ne valaient pas la peine. C'est une décision courageuse de sa part. Mais on aurait dû réfléchir sur l'orientation des étudiants bien avant. On a l'impression que les étudiants concernés n'ont pas été préparés et orientés vers d'autres institutions.
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